Humidité maison : causes et solutions au problème
Vous constatez des tâches, des moisissures, des écaillements de peinture ou un papier peint qui se décolle dans votre logement ? Vous êtes sans doute confrontés à des problèmes d'humidité. L'excès d’humidité dans une maison peut non seulement endommager votre habitation, mais aussi avoir des effets néfastes sur votre santé. Quelles sont les causes de l'humidité et ses conséquences sur la santé ? Quel est le taux d'humidité idéal dans une habitation et comment le mesurer ? Y a-t-il des solutions pour lutter contre l'humidité dans une maison ?
Qu'est-ce que le taux d'humidité ?
Le taux d'humidité, ou taux hygrométrique, est la quantité de vapeur d'eau présente dans l'air. Il est généralement exprimé en pourcentage. Avoir un bon taux d’humidité dans une maison ou un appartement est indispensable pour le confort et la bonne santé des occupants. Un taux d'humidité trop faible ou trop élevée peut en effet avoir des effets néfastes et générer des problèmes de santé.
L’humidité dans un logement est tout à fait normale et son taux peut se différencier d’une pièce à l’autre. On dit qu'une famille constituée de 2 adultes et 2 enfants peut produire, sous forme de vapeur d'eau, jusqu’à 12 litres d’eau/jour en moyenne, soit par l’humidité qu’ils émettent eux-mêmes (respiration, transpiration), soit par l’humidité liée à leurs occupations (cuisine, douche, lessive…).
Quels sont les effets de l'humidité sur la santé ?
L’humidité dans une habitation est nécessaire, mais si elle est trop faible ou trop importante, elle peut aussi générer des désagréments sur la santé des occupants. Selon l’ADEME, pour une température entre 18 et 22 °C, le taux d'hygrométrie idéal est compris entre 40 % et 60 %.
Les conséquences d’un air trop sec
Selon l’ADEME, un taux d'humidité trop bas (moins de 40 %), comme c'est le cas en hiver lorsque le chauffage est utilisé, peut entraîner des effets néfastes sur la santé :
- Des irritations au niveau des yeux et/ou des poumons ;
- Des crises d’asthme causées par la propagation plus rapide des virus ;
- Des muqueuses sèches, notamment sur les voies respiratoires et un développement chez les plus jeunes d’infections ORL ;
- L’augmentation de la sudation et de problèmes de déshydratation ;
- Des maux de tête et une sensation de fatigue ;
- Des congestions nasales, des gerçures, des picotements oculaires.
Les conséquences d’un air trop humide
À l’inverse, toujours selon l’ADEME, un taux d'humidité trop élevé (plus de 60 %) peut provoquer divers symptômes :
- Des problèmes respiratoires : toux, rhinites, bronchites, asthme, difficultés respiratoires, douleurs thoraciques
- Des irritations des yeux.
- Des problèmes articulaires (aggravés par la condensation et les moisissures) : L’humidité de l’air intérieur et extérieur favorise l’apparition des douleurs articulaires chez les personnes âgées, chez les jeunes et les adultes. En outre, la présence d’humidité réveille les maladies telles que l’arthrite et l’arthrose. La prolifération de micro-organismes et de microbes entraîne la propagation d'allergies ou d'infections.
- Stress et cancer : Selon le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), il y a une corrélation entre les aflatoxines produites par la présence de moisissures et l’apparition des cancers des cancers du foie et des poumons.
- Autres conséquences : Fatigue accrue, maux de tête, du nez et de la gorge, quintes de toux, troubles du sommeil, fièvre et nausée.
Quel est le taux d'humidité idéal ?
Selon l’ADEME, le taux d'hygrométrie idéal est compris entre 40 % et 60 % pour une température de 20 °C. La saison, la température extérieure et le type de chauffage utilisé affectent le taux d'humidité. En outre, il est à noter que le nombre de personnes vivant dans le logement a un impact direct sur le niveau d'humidité observé. Par exemple : une famille de quatre personnes produit en moyenne 0,5 à 1 kg de vapeur d'eau par jour.
Comment calculer le taux d’humidité de sa maison ?
Pour savoir si votre maison est dans cette plage de taux d'humidité idéale, vous pouvez réaliser un diagnostic avec un hygromètre. Ce petit appareil permet de mesurer précisément la quantité de vapeur d’eau présente dans l’air ambiant. Placer le capteur dans les différentes pièces de votre habitation vous permettra de connaître l’humidité relative de l’air (exprimée en %, avec une plage de mesure de 0 à 100 %) et l’humidité absolue (exprimée en grammes d’eau par mètre cube d’air humide).
Afin que le taux d’humidité ne soit pas faussé, évitez de placer votre hygromètre près d’une source de chaleur (cheminée ou radiateur).
Que se passe-t-il lorsque le taux d'humidité n'est pas au niveau idéal ?
Plusieurs problèmes peuvent survenir si le taux d'humidité dans une chambre ou dans votre maison n'est pas dans la plage idéale. Tout d'abord, la présence d'humidité sur un mur ou plafond peut entraîner des taches noires et des moisissures .
Un taux d'humidité trop important peut également rendre l'air inconfortable, provoquer une odeur d'humidité dans votre maison et augmenter votre consommation d'énergie. En hiver, il peut même aggraver la sensation de froid.
Il est alors impératif de prendre des mesures immédiates pour résoudre les problèmes d'humidité dans votre habitation.
Comment diminuer le taux d’humidité d’une maison ?
Des solutions existent si vous voulez en finir avec votre problème d’humidité dans votre habitation :
- Bien ventiler votre logement quotidiennement : Ouvrir les fenêtres 5 à 10 minutes le matin et le soir permet d’évacuer l’humidité accumulée et de renouveler l’air intérieur. Pensez également à mettre en place une ventilation mécanique (VMC double flux pour une meilleure efficacité) si votre logement n'en est pas équipé.
- Lorsque vous cuisinez, placez un couvercle sur les casseroles et pensez à activer la hotte aspirante pendant la cuisson et quelques minutes après.
- Faites sécher votre linge à l’extérieur du logement ou dans une pièce bien ventilée.
- Installez un déshumidificateur ou des systèmes d’absorption d’humidité pour assécher votre air.
- Entretenez votre VMC : Vérifier que votre ventilation est suffisamment efficace. En effet, une VMC bouchée empêche l'air de circuler et génère le développement de moisissures ou l’infiltration de polluants. Pour obtenir une évacuation optimale, nettoyez régulièrement les grilles d'aération.
Quels sont les travaux à prévoir dans une maison humide ?
Si malgré tous ces gestes, l'humidité de votre logement reste élevée, il est nécessaire de traiter ce problème à la source en faisant appel à un professionnel. Si vous envisagez d’isoler votre maison, veillez à bien traiter le problème d’humidité en amont, car l’isolation n’est pas la solution à l’humidité !
Les questions que vous vous posez !
Comment savoir si l’humidité vient du sol ou de la condensation ?
Il est essentiel de bien distinguer ces deux phénomènes d’humidité pour intervenir efficacement sur l'origine du problème. L’humidité provenant du sol (également appelé « remontées capillaires ») se produit lorsque l'eau présente dans le sol s'infiltre et remonte progressivement dans les murs par un processus appelé capillarité pouvant s’élever jusqu’à environ 1,5 mètre. Ce type d'humidité se manifeste par plusieurs signes distinctifs comme l’apparition de salpêtre ou des efflorescences blanches dues aux dépôts de sels minéraux. À terme, les revêtements muraux se dégradent sous l'effet du gel et de l'accumulation de ces sels.
Les principales causes de l'humidité provenant du sol sont :
- Une barrière d'étanchéité absente, endommagée ou inefficace
- Des sols trop humides ou imperméables autour de la maison
- L'absence de drainage ou de protections adaptées autour des fondations
Quant à l’humidité due à la condensation, elle se forme lorsque l'air chaud et humide de l'intérieur entre en contact avec des surfaces froides. Ce phénomène se repère assez facilement par la présence de gouttelettes d'eau sur les fenêtres, les murs mal isolés ou les miroirs. À terme, la condensation favorise l'apparition de moisissures, provoque l'écaillement de la peinture et le décollement du papier peint. L'atmosphère intérieure devient alors lourde, humide et dégage une odeur de moisi.
Les principales causes de la condensation sont :
- Une différence importante de température entre l'air intérieur et les surfaces froides
- Un défaut d'isolation ou la présence de ponts thermiques
- Une ventilation insuffisante
- Les activités du quotidien (douche, cuisson, respiration...) qui génèrent de la vapeur d'eau
comment différencier les deux ?
En résumé, pour traiter efficacement l'humidité, il est indispensable d'identifier précisément son origine. Si l'humidité apparaît à la base des murs et remonte progressivement vers le haut, il s'agit très probablement de remontées capillaires. En revanche, si elle se concentre principalement sur les surfaces froides telles que les fenêtres ou les murs mal isolés, vous êtes face à un problème de condensation.
Un déshumidificateur suffit-il pour régler un problème d’humidité ?
Un déshumidificateur peut être utile pour réduire temporairement l’humidité ambiante dans une pièce, mais il ne suffit pas à régler un problème d’humidité sur le long terme car il agit directement sur l’humidité présente dans l’air, et ne traite pas les causes profondes de l’humidité comme les infiltrations, les remontées capillaires ou le défaut d’isolation. Si l’humidité provient du sol, des murs ou d’une mauvaise ventilation, le déshumidificateur ne pourra pas empêcher l’eau de s’infiltrer ni assécher les matériaux. L’humidité reviendra dès que l’appareil sera arrêté.
Un déshumidificateur est davantage une solution de confort qu'une solution pérenne. Il peut améliorer temporairement la qualité de l'air, mais il ne résout pas les problèmes déjà présent lié à l’humidité.
Quels travaux entreprendre en priorité dans une maison humide ?
Pour lutter contre un problème d’humidité, il est nécessaire d’identifier et de traiter les causes avant d’entreprendre toute rénovation en faisant appel à un professionnel. Voici toutefois quelques conseils et étapes à suivre par ordre de priorité :
1. Réaliser un diagnostic précis
Avant toute intervention, il est important de mettre en place un diagnostic complet pour déterminer l’origine de l’humidité. Les causes les plus fréquentes sont les remontées capillaires, les infiltrations d’eau (par exemple des fuites dans la toiture, les façades ou fondations), la condensation, l’humidité excessive du sol (sols non drainés ou imperméables autour de l’habitation).
2. Traiter la source du problème
Une fois l’origine de l’humidité identifiée, il convient d’intervenir directement sur la cause pour éviter que cela ne se reproduise.
- En cas de remontées capillaires, installez un système de drainage autour de la maison pour réduire l'humidité provenant du sol, puis mettez en place une barrière étanche dans sur les murs pour bloquer la remontée d'eau.
- En cas d’infiltrations, réparez les fuites dans la toiture, les gouttières ou les murs, et vérifiez l'étanchéité des murs extérieurs tout en préservant leur perméabilité à la vapeur d'eau.
- En cas de condensation, améliorez la ventilation en installant ou en entretenant votre VMC, et isolez les parois pour limiter les surfaces froides propices à la condensation.
3. Procéder à l'isolation thermique
Enfin, une fois, les problèmes d’humidité résolus, il est possible d’isoler l’habitation pour améliorer le confort thermique et supprimer les ponts thermiques. Pour l’isolation des murs, privilégiez des isolants perméables à la vapeur d’eau tels que les laines minérales ou les fibres de bois, et installer une membrane hygro-régulante pour gérer la vapeur d’eau et prévenir la condensation.
Pour l’isolation des sols, en cas de sol humide, envisagez la pose d’un isolant sous dalle ou d’une chape flottante
4. Rénover les surfaces dégradées
Retirez les revêtements qui empêchent le séchage naturel des murs (papiers peints, peintures, enduits inadaptés) et remplacez les matériaux endommagés par des solutions adaptées aux locaux humides, telles que les plaques hydrofuges (Placomarine® ou Glasroc® H Ocean).